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[INTERVIEW] Laura from the Desert, influenceuse green

Il existe différents types d’influenceurs. Laura from the Desert fait partie de ceux qui mettent leur notoriété au service d’une bonne cause. À 27 ans, la jeune gantoise parvient à nous vendre du rêve en parlant de déchets et de fibres recyclées. Un défi qu’elle relève avec brio ! Rencontre avec une idéaliste en phase avec son temps.

Bonjour Laura. D’où nous viens-tu ?

Je suis gantoise d’origine, mais j’ai vécu aux États-Unis (Caroline du Sud) jusqu’à mes 12 ans. J’ai gardé ce petit accent en souvenir de mes années là-bas… (rires) Aujourd’hui, je vis à Gand avec mon copain.

Ton parcours en quelques mots ?

J’ai étudié la Gestion d’entreprise et me suis spécialisée en Marketing & Communication, ici à Gand. J’ai fait un master complémentaire en Marketing digital à la KU Leuven à Bruxelles. Aujourd’hui, je travaille pour Makesense, une agence de communication spécialisée dans les projets durables et éthiques. Je partage mon temps entre le boulot et mon compte Instagram. 

Pourquoi as-tu commencé ton compte Instagram ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de le faire ?

C’était en mars 2018. Je revenais d’un magnifique voyage à travers l’Asie durant lequel j’avais été choquée par la quantité de déchets. Ils étaient partout et en masse… J’ai réalisé à quel point j’aimais la nature.

Je suis tombée sur une vidéo d’un homme qui était parvenu à rassembler tous ses déchets d’une année dans un bocal. Ça m’a marquée. J’ai eu envie de tenter le défi. J’ai rapidement eu envie de relever d’autres défis et d’en parler autour de moi pour sensibiliser mon entourage. C’est comme ça que j’ai commencé mon blog, qui aujourd’hui consiste exclusivement en mon compte Instagram.

Quelle était ton intention ?

Je voulais partager mon expérience et les défis à relever pour mener un mode de vie plus inspirant, en phase avec les problématiques de notre époque. J’étais motivée par l’envie de convaincre le plus grand nombre à faire la même chose.

Penses-tu un jour en faire ton métier et vivre exclusivement de cela ?

J’ai de plus en plus de partenariats rémunérés à travers mon compte, ce qui m’a obligée à demander le statut d’indépendante complémentaire. Mais jamais je ne voudrais devenir une plateforme publicitaire. Je le fais pour les marques qui ont un sens pour moi et qui prônent ce que je défends, mais ça s’arrête là.

Je ne voudrais pas être exclusivement une influenceuse. Je m’ennuierais terriblement… J’aime trop le contact social. J’ai besoin d’être avec les gens. Ce que j’aime, c’est rencontrer des porteurs de projets qui défendent des valeurs similaires aux miennes. J’aimerais me spécialiser en storytelling, aider les entrepreneurs à raconter leur histoire et à communiquer leur marque. La vidéo est le média de référence aujourd’hui. C’est là-dedans que je voudrais me spécialiser.    

Qu’est-ce qui te procure le plus de plaisir en tant qu’influenceuse ?

L’interaction ! C’est ce que je préfère et ce qui me motive le plus. Rencontrer des gens et discuter, débattre. C’est cette communication bilatérale qui me plaît dans les réseaux sociaux. C’est en ça qu’ils sont intéressants et que c’est pertinent de les utiliser pour ce type de démarche.   

En quoi consiste Instagram pour toi ?

Instagram, c’est avant tout une source d’inspiration. Je m’en sers pour suivre des gens qui m’inspirent, qui m’invitent à remettre en question mon quotidien et mes habitudes. 

C’est aussi mon journal de bord en images. Je laisse une trace écrite et visuelle de ce que je fais. C’est une façon très ludique de communiquer. Je m’amuse beaucoup malgré les sujets parfois « lourds » que j’aborde.

Instagram, comme tout réseau social, à ses côtés sombres, mais j’essaie de me concentrer sur ce qu’il a de positif. Aussi, j’y apprends énormément de choses. C’est ma première source d’information. Quand je cherche une information, j’utilise Instagram plutôt que Google.  

Comment décrirais-tu ton compte ?

J’ai toujours voulu un compte accessible à tous. Mon objectif est de présenter la durabilité et l’écologie comme des choses étant à la portée de tous et faciles à mettre en place. Je pense que c’est pour cette raison que les gens ont du plaisir à me suivre. Mon contenu n’est pas trop sérieux. Il est facile à comprendre, sans prise de tête.

Pourquoi Laura from the Desert ?

Je m’appelle Laura Van De Woestyne, ce qui se traduit par « from the desert » en anglais, « du désert » en français. Ça ne va pas plus loin que ça… (rires)

Tu te décris comme une « Sirène en mission pour sauver le monde » (Mermaid on a mission to save the world). Tu peux nous en dire plus ?

J’ai une vraie passion pour l’océan et la plongée. Je suis fascinée par la vie sous-marine. C’est un lieu magique…

Qui sont tes abonnés ?

Ce sont essentiellement des jeunes femmes, belges, entre 18 et 25 ans.

As-tu toujours été sensible à la cause environnementale ?

Je ne l’étais pas du tout avant ce voyage en Asie. C’est venu en une fois. Quand j’étais enfant, mes parents organisaient toujours des vacances nature. C’est comme ça que j’ai appris à l’apprécier à sa juste valeur. Mais on ne se posait pas plus de questions… On mangeait de façon très classique, sans savoir d’où provenait ce que nous avions dans notre assiette. On consommait sans trop réfléchir.

Qui sont les 3 influenceurs que tu suis avec le plus de plaisir ?

Ce ne sont que des femmes ! (rires)

Canadienne, elle défend un mode de vie plus durable, mais toujours de façon amusante et décomplexée. Elle est très inspirante. J’apprends énormément de choses en suivant son compte.

Stevie vit à Brooklyn, New-York. Elle se définit comme une activiste écologique et sociale, mais « avec du fun ». Elle a créé sa gamme de cosmétiques : YEAYFOREARTH – « We make products that are safe for the earth and safe for our faces and bodies » (« nous produisons des cosmétiques qui sont à la fois sans danger pour la planète et sans danger pour nos visages et nos corps. »)

Une autre influenceuse « green » belge. J’aime beaucoup ce qu’elle publie. Les sujets qu’elle aborde sont parfois plus compliqués, mais elle parvient toujours à les rendre accessibles grâce au ton qu’elle utilise.

Où te vois-tu dans 10 ans ? Quelle activité exerceras-tu ? Auras-tu toujours ton compte Instagram ? 

J’aimerais vivre à l’étranger pour quelques années, avec mon copain. Je ne sais pas où, ni si j’aurai déjà des enfants…  Je ne perçois pas ce que je fais comme quelque chose de temporaire. J’aimerais en faire mon activité principale. Je ne parle pas de mon compte Instagram, mais bien d’aider les entreprises et les projets durables, de leur donner une voix en racontant leurs histoires et en dévoilant leur raison d’être. J’aimerais pouvoir combiner ça avec le fait de voyager.

Que sais-tu sur le Pacte vert européen ?

Je suis au courant des actions principales menées par l’Union européenne, notamment le Green Deal, mais pas de manière très approfondie. Parfois, j’ai l’impression de savoir peu de choses sur de nombreux de sujets, alors qu’il serait préférable que j’en sache plus sur moins de sujets… J’aimerais avoir le temps de mieux m’informer.

J’ai travaillé 6 mois pour la Commission européenne en 2018-2019. J’étais attachée de presse pour la Représentation de la Commission européenne en Belgique. Ça m’a donné l’occasion d’en apprendre plus sur le rôle et les actions de la Commission. Aujourd’hui, je suis davantage intéressée par la législation européenne en matière de climat et de durabilité. Chloé de The Green Monki est ma source d’information principale à ce sujet.


Tu ne te sens pas l’âme d’un influenceur, mais tu aimerais agir pour un monde plus durable et te mobiliser pour le climat ? En-dehors des conseils donnés par Laura, il existe de nombreuses initiatives nationales, européennes et internationales, dont voici une sélection :

  • Youth for Climate n’est plus à présenter. Fondée par Anuna De Wever et Kyra Gantois, l’association souhaite envoyer un signal apolitique clair pour que des mesures concrètes soient prises dès aujourd’hui et que le gouvernement soit un gouvernement climatique. Fais entendre ta voix ! https://youthforclimate.be/
  • Le Pacte européen pour le climat a pour but d’associer les citoyens et les communautés à l’action menée en faveur de notre climat et de notre environnement. Établi dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe, le Pacte pour le climat donne à chacun une voix et un espace pour concevoir de nouvelles actions pour le climat, partager des informations, lancer des activités locales et présenter des solutions. Il vise à informer, mobiliser et faire coopérer les citoyens et les organisations de tous types. https://europa.eu/climate-pact/index_fr 
  • RIGHT2WATER est une initiative citoyenne européenne qui défend l’accès à l’eau potable à travers le monde, le considérant comme un droit humain fondamental. L’initiative a récemment mené à une nouvelle législation, facilitant l’accès à l’eau potable pour tous et entraînant une réduction de l'utilisation de bouteilles en plastique. https://www.right2water.eu/
  • #EUBeachCleanUp est une campagne européenne visant à nettoyer les océans, les mers et les plages qui se déroule chaque année en septembre. Une initiative en partenariat avec les Nations Unies. https://ec.europa.eu/info/events/eu-beach-cleanup-2020_fr
  • Earth Hour est une journée internationale organisée chaque année le dernier samedi du mois de mars. Une initiative du World Wide Fund for Nature (WWF) et du quotidien australien The Sydney Morning Herald. Ce jour-là, l’idée est de débrancher tous tes appareils électriques et de couper la lumière pendant une heure. En participant, tu luttes contre le réchauffement climatique, promeus l’économie d’électricité et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. https:/fr.wikipedia.org/wiki/Earth_Hour
  • L’initiative citoyenne européenne, dont par exemple l’initiative RIGHT2WATER, donne l’occasion aux citoyens de participer à la construction de l’Union européenne de demain en demandant à la Commission européenne de proposer de nouvelles législations. Dès qu’une initiative atteint la barre du million de signatures, la Commission décide de l’action à entreprendre. https://europa.eu/citizens-initiative/how-it-works_fr

Quelles sont selon toi les actions simples du quotidien à privilégier pour changer le monde de demain ?

Le plus important est de s’informer. C’est uniquement en se rendant réellement compte des enjeux que l’on peut se motiver pour changer les choses. Pour ma part, c’est en regardant une série de documentaires que j’ai eu envie de bousculer mes habitudes. En voici trois qui ont changé ma manière de percevoir les choses :

  • The True Cost, sur le rôle dévastateur de l’industrie textile ;
  • Cowspiracy, sur l’impact de l’agriculture animale sur l’environnement ;
  • Before the Flood, sur le changement climatique et la biodiversité.

Ensuite, rien qu’en étant un peu plus conscient de ce que l’on consomme au quotidien, on peut déjà avoir un impact. Avant de passer à l’acte d’achat, c’est important de réfléchir à ce qu’on achète : d’où provient cet aliment, ce vêtement, ce meuble, etc. ? De quoi est-il fait ? Qui l’a produit et dans quelles conditions ?

Je suis également convaincue de l’impact qu’à notre alimentation sur la survie de notre planète. Les gens ont tendance à sous-estimer l’importance de ce qu’ils ont dans leur assiette. C’est en réalité tout aussi fondamental, si pas plus, que de trier ses déchets… Manger végétarien, pas tous les jours, mais deux à trois fois par semaine, fait déjà une grande différence.

L’industrie de la mode est aussi un sujet qui me tient à cœur et que j’aborde à travers mon compte. Je hais la fast fashion ! Son impact est colossal sur la destruction de l’environnement. Encore une fois, les gens ont tendance à le sous-estimer. Ici aussi, il faut agir en consommateur responsable, en réfléchissant à ce que l’on porte et en se posant les bonnes questions avant d’acheter. Je ne dis pas qu’il faut culpabiliser à chaque fois que l’on porte un vêtement dont on ne connaît pas la provenance, mais ça vaut la peine d’acheter de temps à autre une belle pièce de marque écologique et éthique.

Tu peux nous en dire plus sur le Ding Dong Challenge organisé par la Commission européenne auquel tu as participé ?

C’était une initiative de EU in my Region. Une campagne européenne qui consistait à envoyer des ambassadeurs à la rencontre de projets « verts » pour en rendre compte. Mon itinéraire était placé sous le signe du #nowaste. L’objectif était de présenter des projets belges inspirants à mes abonnés, tout en les sensibilisant aux actions entreprises par l’Union européenne en matière d’écologie et de durabilité, dont le Green Deal.

Quand on parle de durabilité et de responsabilité citoyenne, penses-tu qu’il faille être radical pour faire la différence et réellement avoir un impact ?

J’ai envie de vous répondre en empruntant les mots d’Anne-Marie Bonneau (@zerowastechef) :

« We don’t need a handful of people doing zero waste perfectly. We need millions of people doing it imperfectly. »
(« Nous n’avons pas besoin de quelques personnes qui maîtrisent le zéro-déchet à la perfection. Nous avons besoin de millions de personnes qui le font sans le maîtriser. »)

Cette citation résume parfaitement mes pensées. Je réponds toujours aux gens qui me posent cette question de ne pas être trop durs avec eux-mêmes. Ce n’est pas à nous, citoyens, de changer le monde. Ce n’est pas un devoir qui nous incombe.

Changer ses habitudes prend du temps. Cela demande aussi une totale indépendance, notamment financière. Quand j’étais étudiante, je ne contrôlais pas ma vie à 100 %, étant dépendante financièrement de mes parents. Aujourd’hui, je gagne ma vie et je fais des choix pour moi.

Je serais incapable d’être radicale, même si je le voulais. Ce n’est pas dans ma nature. Je fais les choses à ma mesure. Selon moi, si chacun faisait ce qu’il pouvait pour vivre de manière un peu plus responsable et durable, ce serait déjà une énorme avancée…

 

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