Le défi de l’alimentation durable : ce qu’en disent les étudiants | Student Life | Student.be

Le défi de l’alimentation durable : ce qu’en disent les étudiants

L’alimentation durable est sur toutes les lèvres. Mais que signifie-t-elle exactement ? Manger local ? Limiter le gaspillage ? Faire une croix définitive sur les aliments transformés ? Dans cet article, on t’aide à y voir plus clair et à mieux comprendre les critères environnementaux, de santé et éthiques inhérents à l’alimentation durable.  

Concepts, applis, kots à projet, il existe un tas d’initiatives pour te guider au quotidien et t’aider à changer tes habitudes. Y a plus qu’à !

Pour aborder ce vaste sujet, nous nous sommes référés à la déclaration de Stella Kyriakides, commissaire européenne pour la santé, à l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre dernier. Stella Kyriakides est chargée de la nouvelle stratégie européenne « De la ferme à la table » : un programme de transformation faisant partie intégrante du Pacte vert pour l’Europe et qui vise à mettre en place des systèmes alimentaires durables.

Nous avons dégagé de son discours 3 axes majeurs de l’alimentation durable :

  • L’importance de l’alimentation sur notre santé ; Privilégier une alimentation saine et durable pour privilégier notre santé et notre planète
  • Manger bio, local et de saison ;
  • Lutter contre le gaspillage alimentaire.

Nous sommes partis de ces 3 axes pour interroger des étudiants sur leurs habitudes alimentaires. Voici quelques trucs et astuces qui sont sortis de ces échanges…

Alimentation et santé

« Nos coûts de santé ne cessent d’augmenter, car plus de 50 % de la population adulte de l’Union européenne souffre de surcharge pondérale. Tout cela ne rime à rien. Nous devons changer. Et nous devons développer notre volonté de changement. » @Stella Kyriakides

 

Jasper, étudiant en business à l’Artevelde Hogeschool à Gand : « Dans ma coloc’, on essaye de ne rien acheter de transformé et de tout préparer nous-mêmes. Ça va d’une quiche à de la pâte à pizza, en passant par un taboulé. C’est la meilleure manière de contrôler ce qu’on a dans nos assiettes. Au début, on faisait ça surtout pour la planète et pour éviter le packaging, mais on s’est vite rendu compte que c’était bon pour nous et notre santé. C’est devenu notre première motivation pour mieux manger. De plus, cuisiner avec des ingrédients frais est également avantageux pour notre portefeuille, car on partage le prix avec tous les colocs qui se joignent à nous pour le dîner. Sain et peu coûteux, c'est un vrai win-win ! »

 

 

Céline, étudiante en coopération internationale à l’UCL, nous parle de Yuka : une application qui scanne les produits alimentaires et les cosmétiques pour obtenir des informations détaillées sur ceux-ci et comprendre leur impact sur notre santé. Une révélation pour Céline : « Grâce à cette application, j’ai enlevé de mon quotidien un grand nombre d’aliments qui n’étaient pas sains. Jamais je n’aurais soupçonné leurs méfaits sur ma santé. »

 

Bio, local et de saison

« C’est un fait que nos modes actuels de production et de consommation de denrées alimentaires ne peuvent pas durer. Au sein de l’Union, l’agriculture est responsable de plus de 10 % des émissions de gaz à effet de serre. En clair, notre mode de production détruit la planète et nos écosystèmes. » @Stella Kyriakides


(Focus) AGRICULTURE DURABLE :

L’agriculture durable entend réduire l’impact considérable de l’agriculture sur l’environnement. C’est une agriculture qui respecte et protège la biodiversité, l’eau et les sols qui lui sont nécessaires. Elle émet peu de gaz à effet de serre et a donc des répercussions nettement moins importantes sur le réchauffement climatique. D’ici à 2030, l’Europe a pour objectif d’avoir réduit de 50 % l’utilisation de pesticides et d’antimicrobiens, ainsi que les pertes de nutriments. La part de l’agriculture biologique atteindrait alors 25 %.


 

Juliette, étudiante en Histoire à l’ULB, est attentive à ce qu’elle met dans son assiette. Elle essaye de manger des fruits et légumes de saison et d’éviter les avocats de la Réunion ou les mangues du Brésil. Elle nous parle d’un nouveau projet d’alimentation durable : La Turbean, une cantine durable et engagée située sur le campus du Solbosch à l’ULB. Leurs plats du jour valorisent les légumes de saison, les protéines végétales et des saveurs locales parfois trop peu connues, tout en soutenant une agriculture juste et biologique. Tout cela à un prix démocratique afin que le plus grand nombre puisse y avoir accès.

 

De son côté, Céline nous liste certaines actions du Kap Vert, un kot à projet de l’UCL à Louvain-la-Neuve. Leur intention se base sur 4 piliers : l’alimentation biologique, végétarienne, locale et de saison. Ils organisent différentes activités sur le campus, dont la distribution de paniers de légumes provenant d’une coopérative locale, la gestion d’un compost commun où les étudiants peuvent venir déposer leurs déchets organiques, des ateliers pour apprendre à cuisiner durablement ou encore l’organisation d’un banquet pour lequel ils cuisinent exclusivement à partir de produits de producteurs locaux.

Enfin, Jasper nous parle de La Ruche qui dit oui, un super projet participatif et communautaire visant à mettre en contact les producteurs et les consommateurs, sans intermédiaire.

Le gaspillage alimentaire

« Nous gaspillons un cinquième des denrées alimentaires produites alors que 36 millions de citoyens européens n’ont pas les moyens de s’offrir un repas de qualité chaque jour. » @Stella Kyriakides

Céline, Jasper et Juliette sont tous les trois sensibles à la question du gaspillage alimentaire. Céline pense « que les gens ont encore du mal à assimiler le fait que notre façon de consommer n’est ni viable pour nous ni pour les générations futures. Moi-même, en constatant à quel point je gaspillais de la nourriture, j’ai réussi à changer certaines de mes habitudes de consommation, mais c’est loin d’être parfait… Pour avoir un réel impact, il est important que tout le monde s’y mette et participe à l’effort collectif. »

Jasper rejoint son avis, mais se veut plus optimiste. Il nous parle des initiatives qui se mettent en place contre le gaspillage alimentaire. Il existe notamment des applications qui permettent aux citoyens de récupérer les invendus des commerces et restaurants à proximité de chez eux à des prix réduits. Parmi ces applications, Jasper utilise souvent Too Good to Go. « C’est très simple : tu te connectes sur ton smartphone et tu achètes à un prix avantageux un panier d’invendus alimentaires auprès de tes commerçants locaux. Un vrai win-win : le commerçant ne doit pas jeter ses invendus et se fait un peu d’argent et toi, tu manges comme un roi ! ».

Juliette nous raconte que, dans son kot, ils essayent de gaspiller le moins possible, notamment en achetant en vrac, pour se limiter à la juste quantité, en mangeant le même repas ou encore en revisitant les restes du frigo. Juliette nous présente Fruit Collect, un projet qui lui tient particulièrement à cœur, tant il est juste. Fruit Collect est une ASBL qui lutte contre le gaspillage alimentaire en récoltant les fruits non consommés dans les jardins de particuliers. Ces fruits sont ensuite redistribués aux organisations sociales partenaires, transformés en jus et mis sur le marché pour soutenir le projet social de l’ASBL ou encore utilisés lors d’ateliers de sensibilisation sur le gaspillage alimentaire.

Après ce petit tour d’horizon, on espère t’avoir donné l’envie (et quelques outils) de repenser ton alimentation ou d’aller encore plus loin dans ta démarche durable. Et n’oublie pas : « on devient ce qu’on mange », dit le dicton populaire… À bon entendeur.


Sources et liens utiles :
Green deal - « De la ferme à la table »
Yuka
La Turbean 
Kap Vert
La Ruche qui dit oui
Fruit Collect
Too Good to Go

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