Comment guérir sa gueule de bois ?
by Student.be
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Nous sommes dimanche et, malgré l'heure indue, des ronflements s'échappent encore de votre chambre, portés par des effluves éthyliques. Mais le sommeil du « juste-un-petit-coup-dans-l'aile » n'a qu'un temps, et ce dernier prend fin quand des aiguilles chirurgicales en forme de chiffres digitaux vous percent le crâne dans une harmonie de sons stridents. Le réveil est le meilleur ennemi de l'homme. Surtout lorsque celui-ci souffre de veisalgie. Entendons-nous bien, il s'agit dans le cas qui nous occupe de l'Homme au grand « H » et au sens large, car ce mal barbare n'est pas le privilège du sexe masculin. En effet, tout être humain ayant goûté aux plaisirs variés de l'alcool a généralement goûté dans la foulée aux joies bien moins plébiscitées des lendemains veisalgiques.
1. Veisal…quoi ?
La veisalgie, plus connue sous le nom évocateur de « gueule de bois », désigne donc tous les dommages collatéraux consécutifs à une soirée riche en mélanges mal dosés, cul-secs et autres gosiers imbibés. Des symptômes, Doc' ? Certes. Cette fidèle compagne des lendemains de veille se manifeste sans délicatesse par la présence d'un pic-vert épileptique au niveau de votre lobe frontal, ainsi que par la sensation d'une forte houle en zone digestive, et d'un déplacement du centre de gravité rendant pratiquement impossible l'extirpation du lieu de repos, qu'il soit lit ou divan, voir sol dur et humide en cas d'excès de zèle (et d'alcool, il va sans dire). En bref, maux de tête, nausées, tensiomètre à 0,5. Peuvent s'y ajouter tremblements, perte d'appétit, diarrhée, tachycardie, etc... Plus on est saoul, plus on subit !
Précisons, à l'usage de ceux qui aiment jouer de la langue (française) et de la glotte avec la même aisance, que le terme de « veisalgie » est un néologisme médical élaboré sur base du mot norvégien kveis (malaise qui suit la débauche) et de la racine grecque algia (douleur).
Mais les connaissances en linguistique n'aidant en rien à survivre au(x) lendemain(s), passons directement aux trucs et astuces qui, à défaut de les éradiquer, peuvent minimiser les désagréments.
2. Prévenir
Autant être franc, la solution miracle n'existe pas. Aucun remède de grand-mère, aucune potion magique, aucune application promue par Steve Jobs ne vous permettra de génocider tranquillement vos cellules un soir tout en ayant la certitude de pondre une théorie de la relativité en biberonnant un vieux fond de whisky dès le lever, histoire de vous remettre en route. Néanmoins, quelques conseils généreusement dispensés sur la toile devraient vous permettre de mieux vous préparer à affronter les aléas de la vie nocturne. Voici donc quelques préceptes pour une meilleure gestion de la gueule de bois, à mémoriser ou à coller sur le bar en cas de mauvaise mémoire :
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- Si tu bois, tu manges gras : n'en déplaise aux diététiciens, les matières grasses présentent l'avantage non-négligeable de protéger votre tube digestif des attaques acides inhérentes à la digestion de l'alcool et, de plus, il semblerait qu'elles freinent l'absorption de ce dernier. Donc acte : pas de salade verte en guise de repas avant d'entamer les festivités mais un petit détour du côté des fa(s)t food style Quick, MacDonald, Doner Kebab et autre Pizza Hut.
- Halte à la descente façon sterfput : « Une bière brassée avec savoir se déguste avec sagesse », matraquent les savants publicitaires. Pour une fois, ils n'ont pas tout à fait tort. Privilégiez donc la petite foulée bibitive au contre la pompe effréné, ça n'en sera que plus appréciable.
- A l'eau : pour une élocution claire et des idées limpides, rien ne vaut l'eau. Au cas où la consommation de cette dernière serait proscrite par votre religion ou votre régime alimentaire, substituez-lui un jus, ou toute autre boisson non-alcoolisée et facilement intercalable entre deux lampées de spiritueux. Dosage prescrit : un verre d'alcool, un verre de soft, en alternance, tout au long de la soirée.
- Casse-cuite : n'hésitez pas à faire un ou plusieurs passage(s) à la case grignotage, tout en évitant l'excès de sel, histoire d'entretenir la tapisserie de votre appareil digestif.
- Mixologie : si l'alcool donne à certains des velléités d'apprenti chimiste, les mélanges n'en restent pas moins à éviter. Mieux vaut consommer le même type de boisson toute la soirée. Il est également recommandé de préférer le vin et le rhum blanc, la vodka, le genièvre... au vin rouge et au rhum brun, ainsi qu'au whisky, cognac et autres douceurs ambrées. Enfin, faites l'impasse sur tout cocktail contenant du soda.
- Lit flottant : geste essentiel mais trop souvent négligé : boire une bonne dose d'eau avant de prendre une bonne dose de sommeil.
3. Guérir
S'il est déjà trop tard pour les conseils préventifs, que votre tête vous fait mal comme celle d'un footballeur devant un exercice de calcul mental, qu'il fait tempête dans votre estomac et que chaque seconde vous rapproche inéluctablement de l'apoplexie, voilà quelques pistes à suivre pour soulager vos souffrances :
- Boire, oui, mais de l'eau, de la tisane, des jus de légumes et/ou de fruits, à la condition qu'ils ne soient pas trop acides.
- Manger, ne serait-ce qu'un peu, même si l'appétit ne daigne pas se montrer aux premières bouchées. Bouillon salé, pain grillé, oeuf poché sont les composantes idéales du menu spécial « lendemain difficile ». Tartinez, si le haut-le-coeur vous en dit, votre pain de miel ou de sirop d'érable.
- Prendre un ibuprofène et...
- Se rendormir, à l'abri de la lumière et du bruit.
4. Proscrire
Pour conclure ce petit périple en veisalgie, voici une liste non-exhaustive de choses à éviter si l'on veut s'épargner un supplément de désagréments :
- Alcool : on ne soigne définitivement pas le mal par le mal.
- Malbouffe : pas d'aliments trop gras ou trop acides.
- Caféine : oubliez la tasse de café salvatrice et avec elle tout ce qui est susceptible de contenir de la caféine (coca, chocolat, préparations pharmaceutiques anti-gueule de bois...) Notez que le thé est proscrit aussi.
- Acide acétylsalicylique (ou aspirine) et acétaminophène (ou paracétamol) : tous deux aussi rudes pour le système digestif que pour l'élocution pâteuse, mais néanmoins présents dans bon nombre de médicaments réputés efficaces contre la gueule de bois. Privilégiez ceux qui n'en contiennent pas.
- Somnifères : leur incompatibilité avec l'alcool n'est plus à prouver.
5. Pour conclure…
Lundi matin. Le réveil, de sa douce mélopée, vous tire des bras tendres de Morphée. Un œil s'ouvre, un peu craintif, s'attendant à l'attaque fourbe d'un rayon de soleil un peu trop agressif qui pourtant ne vient pas. Le deuxième œil capte à son tour la lumière et, Ô surprise, il ne s'en suit aucune migraine fulgurante. Lentement, le corps s'extirpe des draps, et toutes ses cellules s'étonnent de ne pas tanguer comme un canot en pleine tempête. La réalité, alors, dessine un large sourire sur ce visage encore un peu tiré. Le règne autoritaire de la veisalgie n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir.
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