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Trouver un job étudiant à travers une plateforme numérique : à quoi faut-il faire attention ?
par Student.be
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L'économie des plateformes numériques connaît une croissance fulgurante. Savais-tu qu’entre 2016 et 2020, ses recettes sont passées de 3 milliards à 14 milliards d'euros estimés ? L’Union européenne (UE) dénombre plus de 500 plateformes numériques regroupant 28 millions de travailleurs, un chiffre qui devrait encore doubler d’ici 2025. Un véritable phénomène qui redéfinit le monde du travail, le menant vers une digitalisation complète, une flexibilité totale et la possibilité de travailler exclusivement à distance.
À côté des opportunités qu’elle génère, cette nouvelle forme d’économie représente des défis considérables. C'est pourquoi la Commission européenne (CE) propose un ensemble de mesures visant à améliorer les conditions de travail propres aux plateformes numériques et à assurer la croissance durable de celles-ci au sein de l’UE. On t’explique tout dans cet article.
Qu’est-ce qu’une plateforme de travail numérique ?
Une plateforme de travail numérique consiste en un lieu d’échange où les offres et les demandes, tous secteurs confondus, se rencontrent sous une forme intégralement digitalisée.
Il existe deux grandes catégories de plateformes de travail numériques :
- Les plateformes en ligne et à distance
Elles représentent 40% de l’ensemble des plateformes de l’UE et proposent des services comme la traduction, le code, le graphisme, le conseil juridique et financier, la conception et le développement de logiciels, etc.
Exemples : Upwork, StudentPop, Malt, PeoplePerHour
- Les plateformes localisées
Celles-ci représentent 60% des plateformes existantes et proposent des services de livraisons, taxi, prestations à domicile, travaux domestiques, soins etc.
Exemples : Uber(Eats), Deliveroo, Bolt, Heetch
Pour croître aussi rapidement, les plateformes de travail numériques se sont basées sur les innovations technologiques les plus récentes. Internet et le big data leurs permettent de collecter et d’analyser des masses d’informations commerciales, personnelles et géographiques, et de les exploiter simultanément. Par ailleurs, le smartphone et ses milliards d’utilisateurs leur offrent une cible ultra connectée.
Qui sont les utilisateurs de ces plateformes de travail numériques ?
Les particuliers utilisent les plateformes localisées pour un accès plus rapide et souvent plus qualitatif à une série de services, comme la livraison, les prestations et soins à domicile, les déplacements etc.
Les entreprises font appel aux plateformes de travail en ligne pour trois raisons principales :
- Simplification des processus de recrutement ;
- Réduction des coûts et amélioration de l’efficacité ;
- Accès à une multiplicité de compétences.
Quels sont les avantages de ces plateformes de travail numériques... ?
D’un point de vue économique et sociétal, l’arrivée des plateformes de travail numériques a permis l’apparition de modèles d’entreprises innovants et de nouvelles formes d’organisation du travail. Ces plateformes rapprochent efficacement l’offre et la demande de main-d’œuvre. Elles ouvrent ainsi de nouvelles perspectives, que ce soit pour les clients, les travailleurs salariés ou les indépendants.
Nombreux sont ceux qui choisissent de travailler pour des plateformes numériques pour compléter leurs revenus, pouvoir travailler exclusivement à domicile ou profiter de la grande flexibilité que celles-ci offrent. Une tendance qui n’a fait qu’augmenter depuis la crise du Covid-19.
… et quels en sont les inconvénients ?
Qualifier correctement le statut professionnel des travailleurs de plateformes numériques devient de plus en plus difficile. En effet, la majorité des plateformes établissent elles-mêmes des contrats de travail (rémunération, propriété des données, horaires etc.), dont les termes et conditions sont fixés librement, mais sans aucun suivi juridique et social. Résultats ? De nombreux travailleurs se retrouvent avec un statut hybride, entre salarié et indépendant, qui ne garantit ni l'accès aux droits et protections sociales normalement associés au statut de travailleur salarié, ni l’autonomie propre au statut d'indépendant.
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D’autre part, la gestion algorithmique, inhérente au nouveau modèle d’entreprise que représentent les plateformes de travail numériques, pose également problème. En effet, les travailleurs de plateformes sont souvent évalués selon des critères définis par des algorithmes, comme le taux d’acceptation et de rejet des prestations. Des systèmes automatisés remplacent donc des fonctions de gestion telles que l’évaluation des tâches. De nombreuses plateformes se séparent des travailleurs ayant comptabilisé des notes trop basses, sans aucune forme de suivi « humain » ou de préavis.
Travailler comme étudiant pour une plateforme de travail numérique : pour ou contre ?
Les étudiants, au même titre que les migrants, représentent une partie importante des travailleurs de plateformes numériques que compte l’UE. Les raisons pour cela sont évidentes : flexibilité des horaires, accès facile et instantané à un job, aucune procédure de recrutement ni de prérequis particuliers. Oui, mais… comme mentionné précédemment, cette souplesse va de pair avec des conditions de travail et une protection sociale incertaines. En ce qui concerne la rémunération, elle fluctue en fonction de la demande et est donc peu prévisible.
“Je suis livreur à vélo pour une plateforme de livraison depuis 2018. Au début, je pouvais choisir mes commandes en fonction du trajet que je souhaitais emprunter. J'étais payé à la commande, ce qui était génial car je n’étais pas rémunéré à l’heure, mais en fonction de la quantité de travail que je fournissais. En d'autres termes, plus je réalisais de commandes, mieux j'étais payé. À force de connaître les bons chemins à emprunter et les restaurants à éviter, mon salaire dépassait largement mes attentes. Il m'est arrivé d'être payé 35 euros pour une heure de prestation. C’était le meilleur job étudiant que j’ai eu.
Hélas, je ne peux plus être aussi enthousiaste... Aujourd’hui, en tant qu’étudiant, nous sommes payés au forfait, peu importe la distance parcourue. Aussi, le fait que tout le monde puisse se connecter à n'importe quel moment de la journée fait qu'il y a un nombre trop important de livreurs par rapport à la demande. Enfin, on ne peut plus voir les destinations, donc on ne peut plus choisir stratégiquement notre itinéraire. On peut être envoyé à l'Est de la ville puis directement à l'Ouest.”
Malko Besschops, étudiant en 3ème année de Droit à l'Université de Liège.
"Le seul point positif en tant que travailleur pour une plateforme de livraison, c’est que je pouvais travailler quand je voulais. Je me décidais parfois en toute dernière minute. Un inconvénient, c’est que tout mon équipement (vélo, casque, etc.) était à mes frais... Aussi, le revenu de la course ne variait pas. Je pouvais faire 2 ou 10km, j’étais rémunéré la même chose." Étudiant anonyme
"La raison principale pour laquelle je fais ce job, c’est l’argent. Nous gagnons environ 5€ par course. Je peux donc facilement me faire 30€ en travaillant 2h par soir. En tant qu’étudiant, c’est assez confortable. Le plus grand avantage est le fait de ne pas avoir d’horaire fixe. Je peux travailler quand je veux, aux heures que je veux. Si un jour, je suis trop fatigué après les cours, je ne travaille pas. Si j’ai trop à faire pour le lendemain, je ne travaille pas. Le deuxième grand avantage est que pour faire ce travail, aucune qualification n’est requise. C’est ouvert à tous. Un inconvénient, qui est assez paradoxal, c’est que je n’ai pas de contrat. Donc, oui, je peux travailler quand je le souhaite, mais si je ne travaille pas, je ne gagne pas d’argent, car nous sommes payés à la course."
Dylan Giraldo, étudiant en 1ère année de Droit à Saint-Louis, Bruxelles
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Proposition de directive de la Commission européenne :
Vers une nouvelle législation pour les travailleurs de plateformes numériques
Statut professionnel
La proposition de directive de la Commission européenne fournit une liste de critères permettant de déterminer si la plateforme est un « employeur ». Si elle répond à au moins deux de ces critères, elle est légalement considérée comme employeur. Avec cette nouvelle directive, la plupart des plateformes devront repenser leur modèle économique. La Commission européenne estime qu'entre 1,7 et 4,1 millions de travailleurs seront recatégorisés comme salariés et que nombre d’entre eux passeront d’un statut hybride non réglementaire à un vrai statut d’indépendant. Parmi les avantages d’un statut de salarié : salaire minimum national, temps de repos garanti et congés payés, sécurité et protection sociale.
Gestion des algorithmes
Toutes les personnes travaillant par l'intermédiaire de plateformes, qu’elles soient salariées ou indépendantes, obtiendront :
- Une vue plus claire sur la manière dont les tâches sont réparties entre travailleurs et les prix fixés ;
- Un suivi et un contrôle humain des décisions automatisées et de leurs conséquences sur les conditions de travail ;
- Le droit de contester les décisions automatisées et de les rectifier.
Transparence et traçabilité
La proposition de la Commission apportera plus de transparence autour des plateformes en exigeant de celles-ci qu’elles mettent à disposition des autorités nationales des informations sur leurs activités et leurs travailleurs.
Dialogue social et représentation collective
La proposition entend permettre aux personnes travaillant par le biais de plateformes d'entrer en contact les unes avec les autres, de s'organiser et de discuter des systèmes automatisés avec les représentants de ces plateformes. Ceci devrait entre autres leur donner la possibilité de mieux négocier leurs conditions de travail.
SOURCES :
- https://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=24994&langId=fr
- https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_21_6605
- Communication from The Commission to the European Parliament, The Council, The European Economic and Social Committee and The Committee of the Regions.
- https://blogs.letemps.ch/tarik-lamkarfed/2021/05/03/les-plateformes-numeriques-revolutionnent-le-monde-du-travail/
- https://www.metiseurope.eu/2019/11/23/les-plateformes-numeriques-et-lavenir-du-travail/
- https://itsocial.fr/enjeux-it/enjeux-strategie/enjeu-digital/quest-quune-plateforme-numerique%E2%80%89/
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